Lois homophobes en Ouganda

Le président ougandais Yoweri Museveni a récemment promulgué une loi qui interdit « la promotion de l’homosexualité » et qui rend obligatoire la dénonciation de toute personne homosexuelle.

President Yoweri Museveni

Le président ougandais Yoweri Museveni

 
Malgré les protestations de beaucoup de pays, le parlement a voté cette loi scélérate à une très grande majorité. Comme c’est souvent le cas, la répression de l’homosexualité est utilisée à des fins de propagande anti-occidentale, sous prétexte que cette pratique sexuelle a été importée par « les blancs » (les colons) et qu’elle ne fait pas partie de la « culture ougandaise ». Le président ougandais est un fervent disciple de l’église évangélique, ce qui n’arrange pas les choses.

David Bahati

Le député David Bahati

Une autre loi, adoptée par une écrasante majorité du parlement en décembre 2013, prévoit la prison a perpétuité pour les homosexuels récidivistes. «C’est une victoire pour l’Ouganda. Je suis heureux que le Parlement ait voté contre le mal», a déclaré à l’AFP le député à l’origine de la nouvelle législation, David Bahati, malgré les protestations des défenseurs des droits de l’homme et de nombreux pays occidentaux. La peine de mort pour les homosexuels récidivistes ou séropositifs, prévue depuis longue date, a de justesse été écartée.

L’homosexualité était déjà interdite en Ouganda, mais ces nouvelles lois durcissent les peines et criminalisent la discussion publique de l’homosexualité, y compris les actions de groupes militants. Des militants des droits de l’homme ont rapporté des cas de viols collectifs de lesbiennes. Un militant des droits LGBT, David Kato, a été poignardé en 2011 après la publication d’un article de presse dénonçant les homosexuels sous le titre: « Pendez-les ».

Ces lois ont été votées à la suite d’une autre législation anti-pornographie qui interdit tout comportement érotique, « acte indécent » ou comportement « susceptible de corrompre les mœurs » et proscrit également les vêtements « provocateurs ». Le président Museveni avait crée un scandale en conseillant à des collégiennes de « porter un cadenas sur leurs parties intimes » jusqu’à leur mariage.