Lestime
Les origines :
Après une occupation mouvementée aux Grottes, un Centre femmes s’ouvre au Boulevard St-Georges de 1977 à 1989. Ce sont aussi les lesbiennes qui l’investiront en y organisant notamment les fameux Bals des Chattes Sauvages. De 1989 à 1998, le Centre Femmes Natalie Barney (CFNB) se crée dans la maison de Champel. Se dessine une rupture apparente entre les « politiques » et les « festives ». Pourtant, l’importance de la fête pour le mouvement homosexuel revêt un sens moins superficiel qu’il n’y paraît. Par le droit à la légèreté, on ne s’affirme ni malade, ni déprimée mais joyeuse et débridée.
En 1998, le déménagement dans la zone industrielle du Lignon assène un coup qui aurait pu être fatal, sans l’obstination de quelques-unes.
Après avoir occupé des locaux dans différents endroits de la ville, de Champel au quartier du Lignon, les lesbiennes s’installent en 2002 au cÅ“ur du quartier des Grottes.
L’association que l’on connait aujourd’hui a donc succédé à de nombreuses formes associatives ou centre, dont le Centre Femmes au boulevard St-Georges, puis La Maison à Champel, rebaptisée le Centre Femmes Natalie Barney (CFNB), qui déménagea ensuite au Lignon. Après le « Centre femmes », puis « Centre femmes Natalie Barney », l’association se choisit enfin un nouveau nom : Lestime.
Dès 2002, désormais subventionnée, Lestime assume sa visibilité, et sa première présidente, Catherine Gaillard (qui siège à l’époque aussi au Conseil municipal) sera une des premières figures politiques de Suisse romande à faire son coming-out publiquement.
Lestime a fêté ses 20 ans en 2022, réaffirmant ainsi l’héritage et la poursuite du mouvement des lesbiennes genevoises qui existe depuis que le premier Groupe lesbien (GL) a vu le jour au sein du Mouvement de libération des femmes (MLF) en 1972.
Les obstacles d’hier sont ceux d’aujourd’hui: l’invisibilité, l’hétérocentrisme, la domination patriarcale, largement répandus.
Le formidable élan des années 70, la rage créatrice et l’humour décapant de Vanille / Fraise, groupe de lesbiennes politiques, les libres escapades du journal CLIT 007[1] n’en finissent pas de nous inspirer.
Elle intègre dans ses principes et ses actions l’appartenance aux mouvements féministes et au mouvement lesbiennes, gais, bi et trans* (LGBT), et ensuite queer et lesboqueer.
Lestime aujourd’hui :Â
L’ensemble des activités a pour vocation de créer des espaces de paroles pour les femmes*, les personnes lesboqueer, les personnes LBTIQ+, de créer du lien social pour des personnes en situation d’isolement ou tout simplement en désir de rencontres et d’échanges. Chaque activité rassemble des publics différents, ce qui montre les diversités des expressions lesbiennes et queer et oriente le choix des activités.
Les activités de Lestime se développent et se déclinent donc autour de différents pôles : politique, culturel, social et festif, et depuis peu, aussi un pôle entièrement dédié à la santé sexuelle et affective dans une approche très holistique. Par ailleurs, Lestime propose une consultation en santé sexuelle sous forme d’entretiens confidentiels, abordant la santé sexuelle dans une approche globale qui intègre à la fois les dimensions psychiques et physiques.
Le fonds d’archives de Lestime, et plus particulièrement son volet « mémoire », comprend une part importante de projets, de collaborations et de partenariats. Engagée pour la visibilité de l’histoire et de la culture féministes et lesbiennes, Lestime dispose d’un fonds d’archives classé de manière professionnelle et constamment valorisé à travers des projets et des partenariats.
L’association met également à disposition un centre de documentation féministe et LBTIQ+ et développe des collaborations avec des archivistes et de chercheur.euses en la matière.
Lestime souhaite continuer à proclamer l’histoire de nos communautés, et les liens qui unissent les militantes d’hier, d’aujourd’hui et celles à venir.
Brochure de présentation de Lestime, 2007
Juillet 81, le groupe « Vanille-fraise » sort le numéro zéro, d’un périodique lesbien, politique et féministe CLIT 007 (Concentré Lesbien Irrésistiblement Toxique).Â

